UN FRANCOPHILE ANTIREVOLUTIONNAIRE - Lot 89

Lot n° 89
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Estimation :
600 - 800 EUR
UN FRANCOPHILE ANTIREVOLUTIONNAIRE - Lot 89
UN FRANCOPHILE ANTIREVOLUTIONNAIRE OFFICIER DES GARDES WALLONNES VAN WERDE (Charles-Ghislain-Gabriel). Manuscrit autographe. 1791-1839. 37 ff. dans un cahier in-4 broché, folioté 1 à 41 (ff. 2 et 3 manquants, ff. 38 et 39 blancs) ; les 3 premiers feuillets détachés et un peu effrangés, le premier en outre avec rousseurs et mouillures. Fils d'un baron belge échevin de Bruxelles, Charles-Ghislain-Gabriel Van Werde (1767-1840) s'engagea en 1791 comme cadet dans le régiment des Gardes wallonnes au service du roi d'Espagne, placé sous les ordres du colonel Pablo Sangro Mérode, prince de Castelfranco, un proche du secrétaire d'État Manuel Godoy. LA GUERRE DU ROUSSILLON : ce journal comporte d'abord une partie liée à l'activité militaire de son auteur, et notamment sa participation aux combats qui se déroulèrent entre Perpignan et Figueras, opposant l'armée du royaume d'Espagne aux troupes révolutionnaires françaises, de mai 1793 à novembre 1794 (pp. 12-16). Charles-Ghislain-Gabriel Van Werde passa enseigne de grenadiers en novembre 1793, puis reçut très jeune le commandement d'une compagnie. Il ne cache pas les horreurs de la guerre et brosse notamment un tableau très sombre d'un hôpital militaire français abandonné avec ses blessés à Saint-Genis-des-Fontaines. Une fois la paix signée avec la France, sa carrière militaire semble plus chaotique : passé chef de bataillon en août 1795, il fut chargé du dépôt de 2 bataillons en janvier 1797, nommé lieutenant et commandant du fort de Montjuïc près de Barcelone en juin 1798, puis envoyé en poste à Majorque où il fut fait sous-aide-major en juin 1799. De juillet 1799 à mars 1800, le présent journal garde la trace d'un épisode picaresque : Charles-Ghislain-Gabriel est retourné sur le continent et indique plusieurs noms de femmes, avant d'indiquer qu'il a été mis aux arrêts et renvoyé à Majorque. Il se déplaça ensuite en Espagne, de mars à octobre 1801, avant d'arriver à Madrid. Il demanda alors un congé d'un an (au cours duquel il reçut une promotion comme premier lieutenant en mars 1803), se rendit à Paris, y fréquenta le duc d'Arenberg ou le général Belliard, accepta de demeurer français (les territoires belges ayant été annexés pendant son séjour en Espagne), et se vit proposer d'intégrer la Garde des consuls, mais il prit sa retraite de l'armée à l'issue de son congé en juin 1803. L'autre partie du journal correspond au détail de ses déplacements privés, de sa vie mondaine auprès de personnalités belges ou françaises et de ses plaisirs, notamment des soirées dans les théâtres et à l'Opéra : il retrace ainsi son voyage vers l'Espagne en août 1791, par Paris, Lyon, Avignon, Perpignan, jusqu'à Barcelone ; puis son premier congé de novembre 1795 à octobre 1796, passé en Belgique et en France à Lyon, Paris, Toulouse ; ensuite son second congé de juin 1802 à juin 1803, passé à Paris, évoqué ci-dessus. La longue période suivante de ce journal court de juin 1805 à mai 1820, puis de mars 1836 à août 1839, et comprend de nombreux déplacements en Belgique, en France, un en Hollande. Charles-Ghislain-Gabriel Van Werde y évoque un souper chez la duchesse douairière d'Arenberg, des séjours au château de Belœil chez le prince de Ligne, ou sa rencontre avec Marie-Louise à Laeken en octobre 1811, ou encore sa visite du champ de bataille de Waterloo le 27 mai 1815, avec le duc de Beaufort, quelques jours après les événements. À noter que pour les déplacements notés de 1836 à 1839, le train est souvent mentionné comme moyen de transport. Provenance : ancienne collection Émile Brouwet.
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