OFFICIER DU GENIE AU SIEGE DE LANDRECIES - Lot 87

Lot n° 87
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OFFICIER DU GENIE AU SIEGE DE LANDRECIES - Lot 87
OFFICIER DU GENIE AU SIEGE DE LANDRECIES ET PRISONNIER DE GUERRE EN HONGRIE [DEROUET (François Joseph)]. Manuscrit autographe signé de son initiale (p. 15, « Le c. d. G. D. », c'est-à-dire « le capitaine du Génie Derouet »). Portant sur la période allant de 1792 à 1806, il a été mis au net pour la période antérieure à janvier 1796 (jusqu'à la p. 73) puis rédigé au fil des jours jusqu'en 1806. In-8, 125 pp., demi-basane fauve à coins, dos lisse muet, couvrure des plats estampés en rose à l'éponge, tranches mouchetées ; dos et coins frottés avec petits manques (reliure de l'époque). 400/500 Journal tenu par un jeune officier issu de l'École du Génie à Mézières (1792-1793), dont le père, architecte, fréquenta le salon de la mère d'Honoré de Balzac. Il fut envoyé en opérations dès août 1793, dans le Nord de la France : il commanda alors par intérim les fortifications de Landrecies en février 1794, fut de ceux qui défendirent la place contre les Autrichiens et les Hollandais en avril 1794, sous les ordres du général Henri-Victor Roulland, qui durent cependant capituler dans une ville en flammes et furent envoyés en captivité en Hongrie. Après plus d'un an à Pest, il bénéficia d'un échange de prisonniers et put rentrer en France où il servit alors comme sous-directeur des fortifications, poste qu'il occupa à plusieurs endroits dont Cherbourg, Bourges, Versailles et Tours. Ayant quitté l'armée après son mariage en 1806, il vécut un temps à Rodez avant de s'établir en Touraine où il fut longtemps maire de Rochecorbon. Herboriste distingué, il étudia la flore tourangelle et constitua un herbier important qui, complété par son frère puis son neveu, fut donné à la ville de Tours. François Joseph Derouet note ici toutes les étapes de son voyage de Landrecies jusqu'à Pest, du 30 avril (date de la capitulation) au mois de juillet 1794, avec d'autres prisonniers (pp. 1-10 et 15-31) : il traversa la Belgique jusqu'à Maastricht, puis l'Allemagne, d'abord à pied d'Aix-la-Chapelle jusqu'à Ratisbonne, puis en bateau sur le Danube, jusqu'en Autriche, par Vienne, puis en Moravie et Hongrie par Presbourg (Bratislava) jusqu'à Pest. Il décrit fréquemment ses impressions de voyage et brosse un tableau saisissant des scènes où des émigrés français, s'étant massés sur leur passage, les insultait avec violence. Le voyage ne dut pas se dérouler cependant dans une discipline trop stricte, puis qu'il précise avoir eu l'occasion d'herboriser. François Joseph Derouet relate ensuite son retour en France, du 2 septembre au 9 novembre 1795, cette fois-ci entièrement par voie de terre, par le Sud de l'Allemagne jusqu'à Strasbourg et enfin jusqu'à sa ville natale de Tours (pp. 56-66 et 71-73). En marge de ce récit de voyage, François Joseph Derouet traite du siège de Landrecies qui a été l'autre événement majeur de sa vie : il donne d'abord copie du rapport qu'il eut à rédiger sur ordre juste après l'événement, alors qu'il faisait halte à Tongres en mai 1794 sur le chemin de la captivité (pp. 10-15). Il en rédige ensuite une relation plus circonstanciée, au début de son séjour à Pest en juillet-août 1794 (pp. 32-55). Il donne par ailleurs copie, pour comparaison, du récit que le futur général du Génie Armand Samuel de Marescot fit de la reprise de Landrecies par les troupes françaises en juillet 1794 (pp. 66-70). Le reste du manuscrit concerne les innombrables déplacements que François Joseph Derouet effectua de janvier 1796 à mai 1806 (pp. 74-125), principalement dans le cadre de ses fonctions de sous-directeur des fortifications, et mentionne entre autre une mission à Clermont-Ferrand, ou une en Hollande auprès de Louis Bonaparte. Provenance : ancienne collection Émile Brouwet.
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