TILSIT, OCCUPATION DE LA POLOGNE, CAMPAGNE D'AUTRICHE... - Lot 85

Lot n° 85
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TILSIT, OCCUPATION DE LA POLOGNE, CAMPAGNE D'AUTRICHE... - Lot 85
TILSIT, OCCUPATION DE LA POLOGNE, CAMPAGNE D'AUTRICHE... [MONTESQUIOU-FEZENSAC (Anatole de)]. Manuscrit autographe. 21 juin 1807-août 1811. In-12, (214) pp. en pagination discontinue, plusieurs passages biffés mais lisibles ayant probablement servi à l'écriture de ses souvenirs. Le tout dans un volume in-12 relié en cartonnage à la bradel à couvrure de papier estampé en gris à l'éponge, logements à crayon sur la tranche de gouttière, tranches mouchetées ; 4 pp. manquantes (pp. 77-81), reliure usagée. FUTUR GENERAL ET PAIR DE FRANCE, ANATOLE DE MONTESQUIOU (1788-1878) appartenait à une famille de la plus haute noblesse française ralliée à la Révolution et à l'Empire : il était le fils du grand-chambellan de l'empereur Élisabeth-Pierre de Montesquiou et de la gouvernante du roi de Rome Louise-Charlotte Françoise Le Tellier, et donc le petit-fils du général et homme politique Anne-Pierre de Montesquiou-Fezensac. Ayant choisi la carrière des armes, il participa aux campagnes de l'Empire comme aide de camp du maréchal Davout (octobre 1808-mars 1809), officier d'ordonnance de Napoléon Ier (mars 1809-mars 1812), aide de camp du maréchal Berthier (mars 1812-janvier 1814) puis à nouveau officier d'ordonnance de l'empereur (janvier-avril 1814). Il fut promu lieutenant en 1808, capitaine en 1810, chef d'escadron en mars 1812 et colonel en 1813. La Révolution de Juillet en ferait un général et un pair de France. JOURNAL D'UN AIDE DE CAMP DU MARECHAL DAVOUT PUIS OFFICIER D'ORDONNANCE DE NAPOLEON IEr. Débuté à Tilsit en juin et juillet 1807, ce journal donne un tableau des pertes subies par les Russes et les Prussiens dans la campagne de Pologne (pp. 8-9) et donne copie de certaines dispositions du traité conclu le 7 juillet à Tilsit entre Napoléon Ier et le tsar Alexandre Ier. Il se poursuit en Pologne de juillet à septembre 1808, alors qu'Anatole de Montesquiou servait auprès du maréchal Davout, gouverneur du pays, notamment à Breslau (Wrocław), à Skierniewice (château du maréchal Davout près de Varsovie) et à Młociny (maison du même près de Varsovie, occupée après l'incendie de Skierniewice). On y trouve des allusions à des personnalités polonaises fréquentées à cette époque : le général Włodzimierz Potocki, la comtesse Potocka, Anna Tyszkiewicz, épouse du chambellan de Napoléon Ier, Aleksander Potocki (dont Anatole de Montesquiou a gardé ici un dessin qu'elle lui a tracé au verso d'une carte à jouer), et surtout la princesse Radziwill dont il brosse un admiratif et long portrait (« une des femmes les plus extraordinaires que j'ai vues », pp. 93-96). Avec un texte en polonais et des notes sur la grammaire de cette langue. Suit le récit de son voyage de Pologne à Paris, de septembre 1808 à janvier 1809 (pp. 65-93 et 96-98), passant par Wrocław, Berlin, notamment au château de Charlottenburg, et Erfurt. Le journal, un temps interrompu, reprend lors de la campagne d'Autriche, à Vienne et au château de Schönbrunn, du 15 mai au 26 septembre 1809 (pp. 101-120) : Anatole de Montesquiou consigne deux missions qu'il remplit alors pour Napoléon Ier, l'une auprès du roi de Saxe, l'autre auprès du prince Eugène, et il annonce la nouvelle de la bataille d'Essling, « grande bataille... livrée le 21 mai à trois lieues de Vienne au-delà du Danube ». Il évoque aussi une soirée chez la princesse Czartoryska où, entre autres, Dominique-Vivant Denon raconta à l'assemblée un souvenir de l'expédition d'Égypte. Pour les années suivantes, Anatole de Montesquiou note les missions qui lui furent confiées par l'empereurr : un voyage à Vienne en mars 1810 pour aller porter à Marie-Louise le portrait de Napoléon Ier (p. 165), une tournée d'inspection en juillet et août 1811 à Niort, Sainte, La Rochelle et l'île de Ré. Il annonce la nomination de sa propre mère comme gouvernante du roi de Rome, évoque l'inimitié de Corvisart envers celle-ci, et donne un récit du moment central du baptême du roi de Rome le 9 juin 1811 (pp. 169-170). Ce journal offre en outre un excellent exemple de la sociabilité de l'époque : Anatole de Montesquiou y recueille quantités d'anecdotes vues ou entendues concernant ses relations ou des personnalités saillantes, le maréchal Davout, la duchesse de Bassano, Girodet (pour son portrait de la comédienne mademoiselle Lange nue), etc. Il consigne également toutes sortes de bons mots colportés, touchant souvent des célébrités du temps, par exemple : « Depuis que l'impératrice Joséphine n'est plus sur le trône, on dit qu'elle vit en avare (en Navarre) [nom du château que Joséphine possédait près d'Évreux] », ou encore, du prince de Ligne, « La papauté va de Pie en Pie ». Il consigne aussi les pensées philosophiques qui lui viennent, et différentes citations prises lors de ses lectures dans les œuvres de Benjamin Franklin, Marmontel, Dominique-Vivant Denon, etc. Il conserve la mémoire de poèmes (notamment des bouts-rimés) composés par des relations comme le général Ricard (« chez Mme Antoine Potocka »). À noter également u
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